Les Médecines Complémentaires et Alternatives (MCA) peuvent-elles être basées sur des preuves ?

24 avril 2021 Non Par David Kerhoas
naturopathie paris evidence based aromathérapie micronutrition phytothérapie

La question est complexe mais passionnante. Clarifions quelques termes :

Selon le Ministère de la Santé, « la médecine conventionnelle s’appuie sur des traitements qui ont obtenu une validation scientifique, soit par des essais cliniques, soit parce qu’ils bénéficient d’un consensus professionnel fort obtenu avec l’accord et l’expérience de la majorité des professionnels de la discipline concernée » [1].

Selon l’Ordre des Médecins, les « médecines alternatives et complémentaires » (MAC) sont des « approches, des pratiques et des produits de santé qui ne font pas partie de la médecine conventionnelle » comme la phytothérapie, l’aromathérapie, etc. [2]. 

J’utilise l’appellation « thérapies complémentaires » pour marquer la différence avec l’exercice de la Médecine, même si les auteurs utilisent l’appellation MAC.

Comparons un complément alimentaire à base de plante médicinale et un médicament.
Les différences sont par ex. d’ordre législatives (pas les mêmes conditions pour la mise sur le marché, ex. : niveau de preuve, dosage) et qualitatives (la composition chimique d’une plante médicinale varie en fonction de nombreux facteurs, comme la période de récolte). Pour cette dernière raison et qui n’est pas la seule, il est difficile d’appliquer la méthode scientifique « evidence based » aux thérapies complémentaires. Pour certains chercheurs, ce n’est pas impossible et cela serait même profitable à ces thérapies. Pour d’autres, il faudrait mettre un terme à ces pratiques [3]. 

A noter qu’un produit à base de plante peut avoir le statut de médicament (ex. : SpasmineⓇ), car il a fait preuve de son efficacité et que le taux de principe actif est standardisé.

Selon l’Ordre National des Médecins, 40 % des Français ont déjà eu recours à une médecine complémentaire une fois dans leur vie. Cette demande suggère « qu’elles offrent quelque chose de valeur qui n’est pas toujours proposé par la Médecine conventionnelle » [3].

« L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dénombre quatre cents MCA et encourage leur intégration pour soutenir la prévention, la qualité de vie et le bien vieillir. » Tout récemment en France, l’A-MCA travaille à réformer leur usage [4]. J’espère que cela découlera sur des actions au service des patients.

N’oublions pas que « près de 60% des médicaments chimiques présents sur le marché sont issus ou dérivés de substances naturelles, généralement d’origine végétale » [5]. La plante est une véritable usine à synthétiser des substances actives. Avec le temps, l’Homme est parvenu à isoler ces molécules, à les synthétiser en laboratoire et à standardiser les concentrations dans des médicaments.

L’intérêt des thérapies complémentaires basées sur des preuves (TCBP) est de proposer les solutions les plus efficaces et les plus sécuritaires pour un problème donné.

Pour rappel, le naturopathe ne pratique pas la Médecine. Il propose un conseil personnalisé en matière de thérapies complémentaires (micronutrition, phytothérapie, aromathérapie, etc.). Il est important que le patient ne subisse pas de « perte de chance » d’amélioration ou de guérison. Son premier interlocuteur doit être son Médecin généraliste. Si après cela, le patient souhaite se tourner vers des TCBP, il est préférable qu’il se fasse conseiller par quelqu’un de correctement formé pour éviter les risques.

Même si elles ont bonne presse auprès du public (ex. : « ça ne peut pas faire de mal »), les TCBP ne sont pas exemptes de risques, de conflits d’intérêts ou d’autres problèmes éthiques. Médecins, paramédicaux, thérapeutes et patients doivent utiliser de « bonnes pratiques » comme en Médecine conventionnelle afin de donner un avenir à ces thérapies historiques, prometteuses et fondamentalement humaines.

RDV de naturopathie paris naturopathe 92

[1] https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/qualite-des-soins-et-pratiques/securite/article/les-pratiques-de-soins-non-conventionnelles
[2] https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/external-package/webzine/2015-07/www/index.html#/intro
[3] Yamey G. (2000). Can complementary medicine be evidence-based?. The Western journal of medicine, 173(1), 4–5. https://doi.org/10.1136/ewjm.173.1.4]
[4] https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/03/13/il-est-urgent-de-structurer-les-medecines-complementaires-et-alternatives_6072978_3232.html
[5] https://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/04/16/20375-medicaments-issus-plantes